To the lovers we left behind, to the bad days and the great nights: we all fall down.
Je m'étais promis, je t'avais promis, de te dire au revoir. Jusqu'à un certain point, j'avais réussi. Et puis voilà que tu es parti, rentré chez toi, me laissant tout seul dans ce grand couloir autrefois si vivant si peuplé. Rien que d'y repenser, j'en ai l'estomac qui se noue et le cœur qui se noie. Je me souviens de toutes nos conversations, moi sur le pas de ma porte, toi sur celui de la tienne; je me souviens de nos repas, de ma cuisine dégueulasse, pas comme celle de ton amoureux qui sait y faire, niveau cuisine. Je me souviens de mon malaise en ta présence, toi le plus parfait des parfaits. Et il y a eu ce voyage à Liverpool/Manchester. Je suis allé au stade, pourtefaireplaisir et m'intéresser à ces choses qui te plaisent; échec cuisant, j'en suis ressorti en morceaux, au bord de l'asphyxie. Et cette nuit, le vendredi, où nous sommes rentrés en avance; où nous sommes allés discuter tous les deux dans la cuisine parce que j'avais bien compris que tu n'allais pas bien et que ton petit cœur à toi aussi, il souffrait même si c'était pour une toute autre raison; de tes confidences; de comment tout à coup, tu es devenu un homme, et non plus un dieu, et comment alors, je me suis mis à t'en aimer encore plus. Au vent, les promesses. Je ne peux pas t'oublier, Felix May (oui je m'en fous je mets ton nom, parce que pour une fois dans ma misérable vie, je vais dire la vérité, la putain de vérité même si elle me scie en deux et me jette aux crocodiles), je ne peux pas t'oublier et j'en ai pas envie, de toute façon: ce que je veux, c'est que tu le plaques et que ce soit moi qui occupe tes rêves, que ça soit à moi que tu penses avec amour et nostalgie, que tu viennes calmer mes peurs. Comme dans ce rêve que j'ai fait, samedi soir; ça ne m'est jamais arrivé, de rêver pour de vrai d'un garçon dont j'étais amoureux. Tout s'y passait à merveille: toi et moi vivions notre amour clandestinement parce que les autres, ceux qui connaissaient ton amoureux, ne devaient pas savoir.
Je vais tout te dire, tout t'avouer. Même si ça doit compromettre l'amitié que tu me portes -selon tes propres mots. Et aussi pour qu'enfin, je brise cette illusion qui me donne envie de chialer. Je vais faire face à la vérité pour la première fois en vingt-et-une longues années, je vais y faire face et la dévoiler. J'y crois étrangement, à nous. Je ne sais pas pourquoi mais je m'accroche à ces lambeaux de rêve comme à une branche morte et ce, malgré les envies de frapper les murs à coups de poing, de pleurer jusqu'à plus soif, de m'enfermer dans ma chambre et de jouer au poète mélancolique qu'elle crée. Je serais prêt à tout abandonner si tu me le demandes, Felix. Dis un mot, une phrase, dis que tu m'aimes et je serais à toi; je t'aime à la folie, et je suis devenu fou, ça y est.
BITE MY EARS► blood red shoes; don't ask.Je m'étais promis, je t'avais promis, de te dire au revoir. Jusqu'à un certain point, j'avais réussi. Et puis voilà que tu es parti, rentré chez toi, me laissant tout seul dans ce grand couloir autrefois si vivant si peuplé. Rien que d'y repenser, j'en ai l'estomac qui se noue et le cœur qui se noie. Je me souviens de toutes nos conversations, moi sur le pas de ma porte, toi sur celui de la tienne; je me souviens de nos repas, de ma cuisine dégueulasse, pas comme celle de ton amoureux qui sait y faire, niveau cuisine. Je me souviens de mon malaise en ta présence, toi le plus parfait des parfaits. Et il y a eu ce voyage à Liverpool/Manchester. Je suis allé au stade, pourtefaireplaisir et m'intéresser à ces choses qui te plaisent; échec cuisant, j'en suis ressorti en morceaux, au bord de l'asphyxie. Et cette nuit, le vendredi, où nous sommes rentrés en avance; où nous sommes allés discuter tous les deux dans la cuisine parce que j'avais bien compris que tu n'allais pas bien et que ton petit cœur à toi aussi, il souffrait même si c'était pour une toute autre raison; de tes confidences; de comment tout à coup, tu es devenu un homme, et non plus un dieu, et comment alors, je me suis mis à t'en aimer encore plus. Au vent, les promesses. Je ne peux pas t'oublier, Felix May (oui je m'en fous je mets ton nom, parce que pour une fois dans ma misérable vie, je vais dire la vérité, la putain de vérité même si elle me scie en deux et me jette aux crocodiles), je ne peux pas t'oublier et j'en ai pas envie, de toute façon: ce que je veux, c'est que tu le plaques et que ce soit moi qui occupe tes rêves, que ça soit à moi que tu penses avec amour et nostalgie, que tu viennes calmer mes peurs. Comme dans ce rêve que j'ai fait, samedi soir; ça ne m'est jamais arrivé, de rêver pour de vrai d'un garçon dont j'étais amoureux. Tout s'y passait à merveille: toi et moi vivions notre amour clandestinement parce que les autres, ceux qui connaissaient ton amoureux, ne devaient pas savoir.
Je vais tout te dire, tout t'avouer. Même si ça doit compromettre l'amitié que tu me portes -selon tes propres mots. Et aussi pour qu'enfin, je brise cette illusion qui me donne envie de chialer. Je vais faire face à la vérité pour la première fois en vingt-et-une longues années, je vais y faire face et la dévoiler. J'y crois étrangement, à nous. Je ne sais pas pourquoi mais je m'accroche à ces lambeaux de rêve comme à une branche morte et ce, malgré les envies de frapper les murs à coups de poing, de pleurer jusqu'à plus soif, de m'enfermer dans ma chambre et de jouer au poète mélancolique qu'elle crée. Je serais prêt à tout abandonner si tu me le demandes, Felix. Dis un mot, une phrase, dis que tu m'aimes et je serais à toi; je t'aime à la folie, et je suis devenu fou, ça y est.




