... well not that much a mystery as a cancer. Not a real one though. Just a terrible one because the one cure is what this cancer prevents you from having.
J’aimerais bien que ma vie soit un Skyblog grandeur nature. Déjà ça voudrait dire que je serais une adolescente idiote et donc que je n’aurais aucun problème, hormis ceux qui sont ‘dans la nature’. Et franchement, je crois que je pourrais encaisser le coup de la poitrine qui grandit. Et ça signifierait aussi que pour chaque problème que je traverserais, il me suffirait simplement de poster un article de trois lignes et demi rempli de fautes de Français en haut duquel je mettrais un petit montage scintillant ridicule –si possible avec des cœurs et des ours en peluche– et mes 3268 lecteurs quotidiens me laisseraient des petits « comz » pour me réconforter à grands coups de « ZÖubii$$ d’amÖurrrr » (Bisous d’amour), « KiSSSoooos, cOUrAgE mA b3ll3, On TM fOOOOOOr hihi » (Bisous, courage ma belle, on t’aime fort –rire idiot–) ou « la vit c pa fassile ms tu c c cm sa é pui on é la pas vrè ? on toublit pa, promi bizzzzzzzz » (La vie c’est pas facile mais tu sais, c’est comme ça et puis on est là pas vrai ? On t’oublie pas, promis. Bisous.)
D’un coup tout irait mieux et je pourrais me remettre à baver sur mon poster de Johnny Depp (un peu plus de saleté sur ce type, ou un peu moins, je crois qu’il n’en est plus à ça près de toute façon) et la vie redeviendrait aussi rose que mon couvre-lit Hello Kitty. Mais ce qu’on découvre le jour où nos parents nous condamnent à devenir responsables, c’est que la vie en dehors de notre chambre c’est terriblement injuste. C’est injuste parce qu’on a beau prétendre ne pas avoir de sentiments, on en a quand même. C’est terriblement injuste parce que la plupart du temps, ces beaux et nobles sentiments se retrouvent piétinés et ignorés par les autres, les grands méchants de l’autre côté de la porte. Et d’un coup, tu t’en prends plein la gueule, pour parler poliment. Tout ça c’est très fatiguant, tellement fatiguant que parfois je regrette mon adolescence, pourtant période honnie et détestée au moment où je la vivais. Il y a tellement de choses qui s’agitent en moi, de sentiments qui essaient de se faire remarquer que j’en oublie parfois que je devrais vivre ma vie un peu plus et pleurer sur mon sort un peu moins. En attendant la sagesse, je voudrais juste dire à mon voisin d’en face que je l’aime. Il n’a aucune chance pour qu’il lise –et comprenne– ce billet un jour et c’est tant mieux. N’empêche que je l’aime.


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